LE CANARD ENCHAINE, André Rollin
« Hemingway assassin ? Padura, avec beaucoup d'humour, nous provoque avec cette question. On attend, on est curieux et au fil des pages on découvre un «monstre Ernesto» très inattendu. Ce Adios Hemingway est à saluer ! »
LIBERATION, Philippe Lançon
"Pour un romancier, la manière la plus délicate, et la plus risquée, de rendre hommage à l'écrivain qui l'a inspiré, est de le projeter dans l'une de ses propres fictions. Le Cubain Leonardo Padura l'a fait avec Ernest Hemingway : son bref roman salue par l'imagination l'enfance d'une vocation. Padura admire l'Américain et ne cache pas ce qu'il lui doit ; son "double" policier, Mario Conde, non plus. Une tétralogie a conté ses enquêtes dans La Havane, une par saison. De meurtres en désillusions, de rhum en douceur des choses, la ville fixait le thé?tre d'une sensualité, d'un plaisir, d'une lumière, de plus en plus déprimés. A l'issue de l'Automne à Cuba, "le Conde" démissionnait pour écrire - sans vraiment y parvenir. Adios Hemingway le remet en piste pour un petit tour d'honneur. Une tempête a déraciné un manguier dans l'ancienne propriété d'Hemingway, la Finca Vigia, devenue un musée sans gr?ce et sans argent. Sous les racines, on a trouvé les os d'un assassiné. Le meurtre remonte à l'année 1958. L'auteur du Vieil homme et la mer vivait encore là. Est-il l'assassin? Les anciens collègues de Conde lui proposent de résoudre l'énigme."
LE NOUVEL OBSERVATEUR, Frédéric Vitoux
"Les cinéphiles (et autres fétichistes) auraient sans doute préféré un autre titre au roman du Cubain Leonardo Padura. " La Culotte noire d'Ava Gardner " par exemple - cette culotte gardée en trophée par Hemingway, avec laquelle il enveloppait (ben voyons !) son revolver calibre 22 dans sa propriété de La Havane, la Finca Vigia. Cette culotte, le héros de Padura, l'ancien flic Mario Conde devenu plus ou moins détective privé, la subtilise au domicile-musée de l'écrivain américain. Il finira par la glisser dans une bouteille qu'il lancera à la mer. Mais laissons-là cette précieuse pièce de lingerie pour en revenir aux motifs de l'enquête officieuse de notre héros. Un squelette a été dé-couvert à la Finca Vigia, celui d'un homme abattu de deux balles dans la poitrine. Près de lui, une plaque du FBI. Hemingway aurait-il assassiné, en 1958, l'un des agents qui ne cessaient de le pister ? Le héros de Padura est agité de sentiments contradictoires. Tantôt admiratif à l'égard de l'écrivain, tantôt horripilé par son machisme, son ingratitude en amitié. En bref, doit-il accabler ou préserver l'écrivain et sa légende ? On lira ce roman un peu hirsute, titubant comme sous l'usage immodéré du rhum-coco, avec une mélancolique complicité."
TELERAMA, Michèle Gazier
"Mario Conde, le héros récurrent du Cubain Padura a quitté la police pour vivre sa passion : l'écriture. Mais voilà que dans le jardin de la maison-musée de Hemingway à La Havane, on découvre un squelette enterré là depuis des années et la plaque d'un agent du FBI. Qui a tué cet homme ? L'ex-second de Conde, qui connaît le goût de ce dernier pour la littérature et son admiration pour Hemingway, lui demande de mener l'enquête.
Belle manière d'évoquer l'écrivain américain, ce fameux Papa mauvais coucheur, baroudeur, séducteur, grande gueule. Peut-être pas aussi grand ni aussi sympathique qu'on pourrait l'imaginer, se dit Conde, qui ne sait plus que penser de celui qu'il a adulé adolescent. Et le voilà qui cherche les derniers témoins, traque l'homme - Hemingway au bout du rouleau - qui, peu après avoir quitté Cuba, s'est suicidé d'une balle dans la tête. Il erre dans sa maison-musée, se laisse pénétrer par les fantômes qui la hantent, dont le plus sexy est sans nul doute celui d'Ava Gardner, qui a jadis abandonné ici une petite culotte de dentelle noire... Derrière la légende Hemingway, ce sont ses livres, son art d'écrire en jouant du silence que Padura nous invite à (re)découvrir. Mieux qu'un hommage, un partage."
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